

Le Dr François Franques est gastro-entérologue à la Polyclinique Bordeaux Rive Droite, spécialisé en endoscopie interventionnelle. Il explique en quoi celle-ci a constitué une avancée majeure dans le traitement de certaines pathologies digestives, comme la résection de volumineux polypes et de certaines tumeurs, en devenant une alternative moins invasive à la chirurgie. Le développement de l’endosleeve s’intègre dans cette dynamique pour la prise en charge des patients atteints d’obésité.
J’ai commencé mes études de médecine à la faculté de médecine de Toulouse Rangueil ; j’ai fait mon internat et mon post-internat en hépato-gastro-entérologie au CHU de Bordeaux. Je me suis installé en tant que gastro-entérologue à la Polyclinique Bordeaux Rive Droite (PBRD) en 2018. J’ai eu l’opportunité de pouvoir créer et développer l’activité d’endoscopie interventionnelle, qui n’existait pas encore au sein de la polyclinique. L’endoscopie interventionnelle représente un progrès considérable car elle a apporté aux patients des solutions diagnostiques et thérapeutiques qui ont sensiblement modifié le pronostic de certaines maladies


Plusieurs innovations sont particulièrement intéressantes : la dissection sous-muqueuse, la POEM et l’endosleeve.
La dissection sous-muqueuse est un geste thérapeutique récent que nous pratiquons de façon courante dans le service. Elle permet la résection endoscopique de polypes volumineux et de certaines tumeurs au niveau de l’estomac, du côlon ou du rectum.
La POEM est un traitement efficace de l’achalasie (trouble moteur de l’œsophage ayant un retentissement considérable sur la qualité de vie des patients et dont les symptômes sont une importante gêne à la déglutition, des régurgitations alimentaires, des douleurs thoraciques et une perte de poids). Cette intervention endoscopique consiste en la création d’un tunnel dans la paroi de l’œsophage jusqu’à la jonction avec l’estomac, puis en la réalisation d’une incision d’une dizaine de centimètres dans la couche musculaire superficielle de l’œsophage (circulaire interne) afin de restaurer la capacité de propulsion des aliments de l’œsophage à l’estomac. Cela améliore nettement la qualité de vie des patients. Ces interventions endoscopiques mini-invasives ne nécessitent pas de laparotomie, limitent les complications postopératoires, et réduisent la durée de l’hospitalisation et de la convalescence.
Il s’agit, en passant par les voies naturelles, de réaliser des sutures gastriques directement dans l’estomac, ce qui permet de diminuer le volume gastrique fonctionnel ; il s’ensuit un ralentissement de la vidange gastrique et une sensation de de satiété précoce. Cette intervention ne génère pas de modification anatomique de l’estomac. Elle se pratique sans ouverture de la paroi abdominale et de ce fait, le risque de complications est très faible, en particulier celui de fistule. De plus, l’endosleeve facilite un rétablissement rapide du patient, avec une seule nuit d’hospitalisation dans la plupart des cas. Elle est réversible sans séquelle, ce qui est fondamental. En cas de perte d’efficacité de l’endosleeve, une chirurgie bariatrique reste possible ; de même, elle peut faire suite à une chirurgie bariatrique si le résultat est insuffisant.
La prise en charge de l’obésité est globale et multidisciplinaire : l’intervention réalisée par le chirurgien ou le gastroentérologue ne se suffit pas à elle seule et d’ailleurs, le parcours de soins prévoit l’accompagnement par un diététicien et un psychologue, la pratique d’activités physiques adaptées et, si besoin, des consultations médicales spécialisées (endocrinologie, cardiologie, pneumologie, …) avant et après l’intervention. Le suivi reste nécessaire pour une efficacité optimale sur la perte de poids.



Spécifiquement pour la prise en charge bariatrique, la technique seule ne suffit pas : il est nécessaire que le patient soit impliqué dans son suivi, qu’il ait compris l’intervention et qu’il adhère aux règles hygiéno-diététiques de manière pérenne. Les intervenants du parcours pluridisciplinaire l’accompagnent et lui apportent un soutien pour qu’il conserve sa motivation.
De nouvelles thérapeutiques médicales vont aussi être disponibles, notamment dans la prise en charge des MICI (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique).


Notre équipe de gastro-entérologues de la Polyclinique Bordeaux Rive Droite s’étoffe au fil des ans avec des praticiens aux sur-spécialités complémentaires : endoscopie interventionnelle (avec une activité en forte hausse), hépatologie, maladies fonctionnelles du tube digestif et oncologie digestive.
L’occasion m’est ici donnée de rappeler qu’en cas d’antécédent familial de cancer colorectal ou de polype, il faut consulter un gastro-entérologue pour pratiquer une coloscopie. Par ailleurs, sans antécédent familial ou personnel de cancer colorectal, il faut rappeler l’importance de réaliser un test de recherche de sang dans les selles tous les 2 ans à partir de 50 ans et qu’il convient, dans ce cas, de consulter son médecin traitant ou son gastro-entérologue.
Pour ce qui concerne plus particulièrement l’obésité, qui est aussi un problème de santé publique, le gastro-entérologue, notamment par la réalisation de l’endosleeve, est un acteur qui a une place spécifique dans la prise en charge.