Dr Mathieu Laurentjoye, Dr Kelly Guichard : « Chirurgie maxillofaciale et troubles du sommeil, une prise en charge conjointe et pluridisciplinaire »

26 Jan 2026

Le Dr Mathieu Laurentjoye est chirurgien maxillofacial à la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine, le Dr Kelly Guichard est psychiatre et médecin du sommeil à la Nouvelle Clinique Bel-Air. Ensemble, ils ont mis en place une prise en charge multidisciplinaire et innovante des personnes souffrant d’apnées obstructives du sommeil nécessitant une ostéotomie maxillo-faciale. Le programme « Chantons1-2-3 » complète le dispositif en permettant de mémoriser facilement les principes de rééducation et de prévention. Regards croisés sur la complémentarité des disciplines et des interventions.

Pourriez-vous vous présenter et nous parler de vos parcours respectifs ?

Dr Kelly Guichard. J’ai choisi de devenir psychiatre, tout en sachant que je souhaitais me diriger vers la médecine du sommeil. Les liens entre ces deux disciplines sont en effet très étroits, car le sommeil a de nombreux impacts cognitifs, comportementaux et émotionnels dans la vie des personnes. Après une formation à Lausanne, auprès du Pr Raphaël Heinzer, fondateur du Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil (CIRS), j’ai exercé pendant trois ans dans le service universitaire de médecine du sommeil à l’hôpital Pellegrin à Bordeaux, puis je me suis installée au Pôle Sommeil de la Nouvelle Clinique Bel-Air pour une activité libérale de médecine du sommeil « tout venant ». Ce Pôle est issu du Pôle d’exploration des apnées du sommeil (PEAS), créé par les Drs Marc Sapène, Vincent Puel et Nathalie Raymond. Les patients viennent consulter pour des troubles respiratoires comme les apnées, mais aussi des insomnies, hypersomnies, parasomnies, etc. Aujourd’hui, la multidisciplinarité fonde l’organisation du Pôle Sommeil de Bordeaux. L’antenne ouverte avec Le Dr Laurentjoye à la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine en représente une évolution naturelle, fidèle à cette dynamique d’innovation.
Je participe également à des actions de sensibilisation auprès du public, notamment au sein de l’École du Sommeil, et j’ai contribué à plusieurs ouvrages dédiés à la compréhension des troubles du sommeil.[1],[2],[3].

Dr Mathieu Laurentjoye. Pour l’anecdote, sachez que je suis né à la Polyclinique Bordeaux Nord… !
J’ai suivi mes études de médecine à Bordeaux et à Lyon, auprès du Pr Jean-Luc Béziat, pour me spécialiser en chirurgie des mâchoires ou chirurgie orthognatique. J’ai été maître de conférences des universités en anatomie à Bordeaux, puis j’ai quitté l’hôpital pour m’installer à la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine.
Mon activité de chirurgie orthognatique se déroule en étroite collaboration avec des orthodontistes et des kinésithérapeutes rééducateurs, car elle concerne des patients ayant des décalages à la fois des mâchoires et des dents. Ces prises en charge sont assez longues : après l’information du patient, le premier protocole d’orthodontie dure un an à un an et demi, pour positionner les dents correctement. Puis, l’intervention chirurgicale permet de déplacer la mâchoire concernée, ou les deux, ainsi que le menton, selon les besoins. Un deuxième traitement orthodontique finalise le bon positionnement des dents vis-à-vis des mâchoires.
Dans ces prises en charge, la collaboration avec les rééducateurs est essentielle tout au long du parcours. Les patients bénéficient d’une rééducation spécialisée et organisée en réseau, avec des kinésithérapeutes formés à la rééducation oro-myo-faciale [4] et qui sont présents à chaque étape au cabinet et dans le réseau de soins, au plus proche du domicile des patients.

En quoi vos disciplines sont-elles complémentaires ?

Dr Mathieu Laurentjoye. En 2016, j’ai rencontré le Dr Marc Sapène, et nous avons longuement échangé. J’ai commencé à lui adresser des patients, convaincu que de très nombreuses personnes que je recevais pour un traitement orthognatique souffraient de troubles du sommeil sous-jacents et peu explorés. Le Dr Kelly Guichard a rejoint l’équipe quelques années plus tard et nous avons peu à peu formalisé cette prise en charge multidisciplinaire qui est vraiment innovante.

Dr Kelly Guichard. En effet, dans l’imaginaire collectif, le patient-type présentant des apnées du sommeil est un homme d’une cinquantaine d’année en surpoids, avec de l’hypertension. Mais en pratique, nous voyons bien qu’il existe une multitude de profils concernés, dont des jeunes chez qui les anomalies morphologiques orofaciales (rétromandibulie, birétrusion des mâchoires par exemple) entraînent une obstruction qui provoque des troubles respiratoires lors du sommeil, par malposition de la langue qui est souvent basse ou en arrière. Au Pôle Sommeil de Bordeaux, nos consultations permettent un dépistage précoce de ces troubles.

Dr Mathieu Laurentjoye. La chirurgie orthognatique en cas de troubles du sommeil est restée assez confidentielle pendant de nombreuses années. Non seulement elle était peu connue, mais elle souffrait aussi d’une image négative car elle était souvent associée, à l’époque, à des suites opératoires effrayantes : blocages maxillo-mandibulaires au fil d’acier, difficultés à s’alimenter, etc. Dans le cadre de l’apnée du sommeil, les résultats de la chirurgie des mâchoires n’étaient pas totalement satisfaisants et les complications, encore trop présentes, notamment en raison de l’absence d’une bonne prise en charge en kinésithérapie.
Cette époque est désormais révolue : avec le Dr Kelly Guichard, nous avons longuement étudié les nombreux aspects multifactoriels des troubles du sommeil, ce qui nous a permis de structurer la prise en charge. Aujourd’hui, l’accompagnement pluridisciplinaire que nous proposions déjà au patient, avec l’orthodontie, la chirurgie et la kinésithérapie, s’est enrichi de la médecine du sommeil, le tout en seul lieu. C’est rare !

Dr Kelly Guichard. En médecine du sommeil, nous sommes naturellement tournés vers la pluridisciplinarité ; le rôle des rééducateurs est primordial et l’éducation thérapeutique, essentielle. Avec Le Dr Mathieu Laurentjoye, nous avions donc la même vision et le même objectif.

Quels sont les bénéfices d’un accompagnement multidisciplinaire ?

Dr Mathieu Laurentjoye. Schématiquement, les troubles du sommeil sont dus majoritairement à une anomalie de rapport contenant / contenu, c’est-à-dire entre les voies aériennes et la langue. Ils ont aussi des causes constitutionnelles, parfois d’origine familiale (comme des mâchoires de petite taille, par exemple), ou, pour une grande partie d’entre eux, ils sont dus à des anomalies « environnementales » de la fonction ventilatoire qui se développent et s’installent très précocement et particulièrement pendant la croissance. Par exemple, un enfant qui ventile de façon chronique par la bouche au lieu de respirer par le nez (pour de multiples raisons, dont l’allergie, ou une hypertrophie des amygdales et/ou des végétations), peut développer des défauts de proportion des mâchoires, provoquant des obstructions ventilatoires favorisant les apnées du sommeil. Il est important de dépister ces troubles précocement pour pouvoir intervenir le plus tôt possible.
En chirurgie orthognatique, nous recevons deux catégories de population :
– les patients orientés par leur orthodontiste car ils ont besoin d’une chirurgie des mâchoires. Nous pouvons alors rechercher un signe de syndrome (ou pré-syndrome) de troubles obstructifs du sommeil, et débuter une prise en charge la plus précoce possible, en traitement ou en prévention ;
– les patients orientés par leur médecin du sommeil, à la recherche d’une anomalie de positionnement des mâchoires et de la langue, qui pourrait être traitée chirurgicalement ou en rééducation.

Dr Kelly Guichard. Exactement. Face à une dysmorphose maxillo-mandibulaire, il est important de repérer des signes évocateurs d’un trouble du sommeil comme l’apnée ou le trouble respiratoire obstructif au cours du sommeil (TROS). Ces signes peuvent être : des ronflements chez l’enfant ou l’adolescent, une fatigue chronique malgré un temps de sommeil suffisant, un sommeil fragmenté ou non réparateur, une transpiration nocturne abondante, des maux de tête au réveil, etc. Les orthodontistes sont aujourd’hui sensibilisés à cette question et nous adressent régulièrement de jeunes patients pour évaluer ces troubles.
Il est important d’évaluer les besoins de chaque patient, selon la nature et les causes de ses troubles du sommeil, qui peuvent être par exemple un surpoids, une prise de médicament, un problème de la sphère otorhinolaryngologique (ORL), un défaut de positionnement de la mâchoire et de la langue, etc. C’est tout l’intérêt du parcours multidisciplinaire du Pôle Sommeil qui comprend des médecins ORL, des pneumologues, des médecins du sommeil, des kinésithérapeutes et des psychologues. Ainsi, les patients sont diagnostiqués et orientés efficacement.

Dr Mathieu Laurentjoye. Notre travail en commun permet cette évaluation fine des signes cliniques afin de proposer le meilleur traitement pour chaque patient.
La variété des traitements disponibles est très large, selon les troubles et selon les besoins : appareils de pression positive continue (PPC), orthèses, rééducation, mesures diététiques en cas de surpoids ou d’obésité, chirurgie ORL (notamment chez les enfants), etc. La chirurgie des mâchoires est l’une de ces modalités, dont les indications doivent être déterminées précisément. De plus, elle s’adresse à des patients sélectionnés et motivés : en effet, la chirurgie, l’orthodontie et la rééducation sont indissociables et nécessitent souvent un traitement long. Il faut souligner aussi que la chirurgie n’est indiquée que si la croissance est terminée, donc à partir de 14-15 ans chez les filles et 15-16 ans chez les garçons.

Le parcours est coordonné, du diagnostic à la chirurgie, jusqu’à la rééducation et à l’éducation du patient. Comment se déroule-t-il ?

Dr Mathieu Laurentjoye. Les patients ayant une dysharmonie maxillo-mandibulaire, et pour lesquels un traitement chirurgical est envisagé, sont reçus en consultation par le kinésithérapeute et le chirurgien. Ces consultations visent à déterminer les modalités du traitement personnalisé, toujours orienté vers la reprise d’une fonction satisfaisante. Elles se déroulent en un seul lieu puisque tous ces professionnels travaillent au cabinet.
Une fois le plan de traitement déterminé et accepté par le patient, la préparation orthodontique peut débuter. D’une durée de un an à un an et demi, elle vise à déplacer les dents en vue de l’intervention chirurgicale et à ’obtenir une occlusion satisfaisante après la chirurgie. Quelques séances de rééducation sont réalisées si besoin, notamment en cas de dysfonction des articulations de la mâchoire ou du positionnement de la langue.
Le patient est revu par le chirurgien pour programmer l’intervention, puis par un kinésithérapeute de notre réseau qui effectue un bilan des fonctions maxillo-mandibulaires en vue de la rééducation qui suivra. La prise en charge fonctionnelle est en effet indispensable avant, pendant et après le traitement.
Environ une semaine avant la chirurgie a lieu la préparation de l’intervention : empreinte numérique des dents, radiographie en trois dimensions, planification numérique complète des déplacements de mâchoires pour tous les patients. Le patient rencontre l’anesthésiste et il pourra voir la psychologue si besoin. Il est préparé mentalement à l’intervention et à ses suites, afin qu’il anticipe la période postopératoire et qu’il sache comment prendre ses médicaments, s’alimenter, se nettoyer les dents et la bouche, etc. L’objectif est qu’il soit autonome, informé de façon complète et en confiance.
Grâce à tous ces éléments d’organisation et de coordination, l’intervention chirurgicale est mini-invasive, plus rapide et avec des suites beaucoup plus simples. Elle est désormais totalement réalisée en ambulatoire si les conditions d’autonomie et de sécurité sont remplies. Le patient suit des séances de kinésithérapie spécialisée par l’intermédiaire de notre réseau.
Le patient est revu par le chirurgien, le kinésithérapeute et l’orthodontiste, dix jours puis trois mois après l’intervention, pour vérifier la consolidation osseuse et la progression de la récupération des fonctions, puis à nouveau à huit mois pour la vérification du matériel implanté et de la récupération totale des fonctions.
Ce parcours intègre désormais la médecine du sommeil, avec un examen de polysomnographie réalisé si besoin au tout début de la prise en charge (s’il n’a pas déjà été effectué en médecine du sommeil). En cas d’apnée du sommeil, le geste chirurgical est plus important, car il est nécessaire d’avancer davantage les mâchoires afin d’augmenter le volume de la sphère buccale et de faciliter la ventilation. La rééducation est également spécifique dans ce cas, afin que le patient s’adapte à cette nouvelle amplitude et que sa langue se place correctement dans le volume créé, ce qui libèrera les voies aériennes.
Un contrôle clinique et polysomnographique est réalisé à trois mois.
Il faut noter que les modifications morphologiques, parfois assez importantes, peuvent avoir des répercussions psychologiques. Le patient peut alors rencontrer la psychologue si besoin. De même, une prise en charge ORL peut être prévue.

Cette prise en charge s’adresse-t-elle aussi aux enfants ?

Dr Mathieu Laurentjoye. Oui ! Nous avons intégré au cabinet deux médecins ORL, spécifiquement pour la prévention et le traitement des anomalies de la ventilation nasale adultes et enfants (Dr Severin Belleudy) et des troubles de la croissance crânio-faciale chez les enfants (Dr Rachel Hamchaoui). Grâce au plateau technique de la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine, les enfants de plus de 12 ans peuvent être pris en charge au centre de chirurgie ambulatoire CapNova, pour une intervention sur les amygdales et/ou végétations, ou une septo-rhinoplastie fonctionnelle, par exemple. Les moins de 12 ans peuvent être accueillis au bloc pédiatrique de l’établissement (principalement pour intervenir sur les amygdales et/ou végétations).
Il existe très peu de plateaux techniques de ce type, avec un bloc pédiatrique. Cela nous permet d’intervenir en prévention et en traitement précoce des troubles obstructifs du sommeil chez les enfants, avant que la croissance crânio-faciale ne soit achevée.

Les patients bénéficient d’une rééducation spécialisée et organisée en réseau, avec des kinésithérapeutes formés à la rééducation oro-myo-faciale présents au cabinet

Drs Laurentjoye et Guichard

Quelles sont les conditions à réunir pour pouvoir pratiquer une ostéotomie maxillofaciale en ambulatoire ? Quels sont les avantages de cette technique ?

Dr Mathieu Laurentjoye. La pratique de l’ostéotomie maxillofaciale en ambulatoire telle que nous la réalisons aujourd’hui est une première en France. Cependant, elle n’est possible que dans des conditions bien précises : des patients rigoureusement sélectionnés, informés et préparés ; la proximité géographique de tous les intervenants et leur coordination ; et enfin, le soin porté à la sécurité et à l’autonomie du patient. Cette prise en charge ambulatoire est réalisée grâce aux plateaux techniques et aux circuits courts de CapNova et à l’implantation de notre cabinet multidisciplinaire sur place, qui comprend des kinésithérapeutes spécialisés. Quelques heures après l’intervention, le patient retourne à son domicile s’il habite la communauté urbaine de Bordeaux ; dans le cas contraire, une nuit d’hôtel à proximité est prise en charge. En cas de problème, il peut ainsi se rendre facilement aux urgences de la Polyclinique. Les patients semblent vraiment satisfaits de cette reprise d’autonomie rapide.

Vous avez créé un outil intitulé « Chantons1-2-3 » pour faciliter le dialogue interdisciplinaire autour du patient. De quoi s’agit-il ?

Dr Mathieu Laurentjoye. Le dispositif « Chantons1-2-3 » que nous avons mis en place a permis d’améliorer considérablement la coopération entre les différents intervenants et le patient. Il est issu de réflexions et de nombreux échanges avec des kinésithérapeutes spécialisés et des orthodontistes. Nous nous sommes rendu compte que les rééducations proposées étaient assez hétérogènes, en fonction de la formation du rééducateur, de sa sensibilité, de son approche, etc. Par ailleurs, les intervenants auprès du patient sont issus d’horizons différents et n’ont pas le même langage selon qu’ils sont chirurgiens, orthodontistes, kinésithérapeutes, etc. Je me suis demandé comment nous pourrions unifier les prises en charge autour d’un langage commun et coconstruit avec les différents professionnels et les patients.

Lors de la rééducation, nous expliquons au patient que, pour assurer l’efficacité et la stabilité du traitement, l’objectif est le suivant :
1) je respire par le nez,
2) la langue au palais,
3) les lèvres fermées, jointes au repos, sans forcer.

On a même créé une chanson pour que tout le monde se souvienne.

La ventilation nasale (le point 1 de « Chantons1-2-3 ») est la fonction fondamentale qu’il s’agit de restaurer en lien avec les ORL, les allergologues et les kinésithérapeutes spécialisés. Notre réseau de soins permet cette prise en charge multidisciplinaire, qui est également proposée aux plus petits.

« Chantons1-2-3 » est simple à comprendre et facilement mémorisable : respirer, manger et dormir sont des besoins vitaux. Le concept « Chantons1-2-3 » était né ! Nous l’avons ensuite expérimenté en consultation et constaté qu’il fonctionnait très bien car il donne du sens à la rééducation. Nous l’avons ensuite complété avec des logos, des affiches et des pictogrammes pour faciliter la mémorisation des explications, des vidéos, un compte Instagram… Cet outil, gratuit et disponible, est extrêmement puissant, ce qui nous conforte dans notre conviction : quand les différents professionnels adoptent le même langage, le patient comprend mieux les objectifs de son traitement et de sa rééducation. Il est placé au cœur de sa prise en charge et est d’autant plus motivé.

« Chantons1-2-3 » est aussi un outil de prévention précoce. Nous avons formé des infirmières puéricultrices et des sages-femmes de la maternité de Bordeaux Nord Aquitaine, et un programme d’éducation thérapeutique a été créé pour les jeunes mamans. Cela s’appelle « Chantons1-2-3 bébé ». L’objectif est d’éviter ou de réduire le développement d’anomalies fonctionnelles pendant la croissance, afin de prévenir les déformations du visage et les malpositions des dents, qui impliqueraient des traitements orthodontiques et/ou chirurgicaux lourds et invasifs. La prévention en matière de ventilation et de mastication est primordiale dès le plus jeune âge.

Nous travaillons également à améliorer encore la prise en charge en réseaux de soins pluridisciplinaires.

Notre travail en commun permet une évaluation fine des signes cliniques afin de proposer le meilleur traitement pour chaque patient

Quels sont vos projets pour les prochaines années ?

Dr Mathieu Laurentjoye. Nous avons énormément de projets ! Après avoir travaillé sur le programme « Chantons1-2-3 bébé », nous sommes en train de développer « Chantons1-2-3 mangez » pour améliorer l’alimentation des patients, et « Chantons1-2-3 sommeil ». Notre objectif est aussi de faire connaître notre démarche et de favoriser la pluridisciplinarité : avec le Dr Kelly Guichard, nous avons notamment présenté les modalités du traitement curatif du syndrome d’apnées du sommeil par une prise en charge coordonnée, lors des 27es Journées d’orthodontie en novembre dernier. Je réalise aussi des vidéos « Chantons1-2-3 », afin d’informer et de sensibiliser à l’importance de la prévention. En plus de la chanson, « Chantons1-2-3 » est aujourd’hui une association qui a pour objectif de transmettre l’information au plus grand nombre pour le soin, le dépistage et la prévention des anomalies de la croissance du visage et des troubles respiratoires obstructifs du sommeil. En effet, les enjeux de santé publique sont majeurs dans ce domaine, et nous sommes tous concernés.

[1] Broussin P, Guichard K, Micoulaud-Franchi JA, Philip P, Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil (SFRMS). Le sommeil et ses pathologies. Clinique transversale chez l’adulte et l’enfant. Ellipses, 3e édition ; 2024.

[2] Guichard K, Manoukian M, Micoulaud-Franchi JA. Faire face aux ronflements et aux apnées du sommeil. Ellipses ; 2022.

[3] https://www.helloasso.com/associations/l-ecole-du-sommeil-de-bordeaux

[4] Diplôme universitaire en rééducation oro-myo-faciale.

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Propos recueillis par Emmanuelle Barsky
Janvier 2026